12 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

Plouc (2) : De l’égalité et du handicap

Pour un véritable chrétien ou socialiste, le seul sentiment juste à l’endroit des handicapés doit probablement être la pitié – non une pitié attendrissante ou larmoyante faite de contrition personnelle ou de bons sentiments, mais une pitié fondée sur l’humilité, profonde et mystérieuse, de lâcher-prise, à l’opposé exact du sentiment de supériorité. Tout chrétien ou tout socialiste devrait considérer les handicapés comme supérieurs à lui-même, sans en tirer une sorte de laisser-passer pour sa conscience personnelle, de validation dans sa relation de puissance à Dieu ou à l’idéologie. Il est vrai qu’il y a des handicapés plus « doués » que d’autres ou qui nous touchent davantage simplement sur le plan humain : tous ceux qui ont l’habitude de les côtoyer le savent bien. Mais sur le plan religieux, un handicapé est sacré même lorsqu’il se fourvoie, comme c’est parfois le cas, dans des stratégies de « récupération » de faveur ou de dignité aux yeux de ceux qu’il considère comme « normaux » ou meilleurs : on doit comprendre qu’alors sa souffrance est évidemment démultipliée. Telle est la véritable égalité, loin des hiérarchies, et c’est certainement le secret des saints depuis toujours, aujourd’hui souvent laïcisés (je pense par exemple à certains « professionnels » de santé, d’encadrement ou d’aide à la vie, mais aussi à n’importe-quel juste ordinaire), que de savoir traiter tout naturellement avec eux, de les aider à progresser, tout en se considérant soi-même comme inférieurs à eux, car telle est la véritable élévation, et tout le monde progresse.

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